Le piège de l’évitement

🫣 Ce piège dans lequel on se retrouve enfermé, si facilement, sans même s’en rendre compte.

Dans mon travail, côtoyant des personnes qui se retrouvent dans une étape de vie qui les rend plus vulnérables, soit à cause d’un deuil, soit à cause d’une difficulté relationnelle, le thème de l’évitement est souvent présent. Voilà des phrases que j’entends :

« J’ai peur d’entendre cette musique donc je n’allume plus la radio. »

« J’ai peur des réponses à mes questions donc je ne demande plus rien. »

« J’ai peur de pleurer alors je n’en parle plus jamais. »

« J’ai peur de revoir ce lieu alors je ne vais plus faire mes commissions dans cette ville. »

🌀 Au départ, c’était une crainte rationnelle et plutôt précise. Puis, chaque situation qui éveillait cette crainte d’une quelconque manière a été évitée. En réalité, c’est surtout l’émotion que cette situation provoquerait qui était évitée. Peur d’être triste, peur d’avoir peur, peur de ressentir de la colère… Et finalement, la crainte du début s’est transformée en une peur beaucoup plus grande et parfois handicapante

🧠 Le cercle vicieux est assez simple à comprendre : une situation provoque de l’angoisse chez moi, je l’évite, je constate que mon angoisse diminue grâce à l’évitement donc la prochaine fois, j’éviterai à nouveau la situation et probablement encore d’autres situations qui lui ressemblent. 

Le mécanisme de l’évitement est humain et complètement légitime : qui a envie de se confronter à ce qui pourrait faire peur, mal, amener une grande tristesse ? Personne.

⚠️ Le problème est que chaque évitement donne l’information au cerveau qu’il a raison d’avoir peur, que le danger est bien réel et que, comme on se sent momentanément soulagé de l’avoir évité, on a bien raison de le faire. Sauf que plus on évite, plus cette croyance est renforcée et augmente. Et par ricochet, on évite de plus en plus de situations. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec un obstacle beaucoup plus important que notre crainte du départ. 

Pour donner un exemple concret : au départ, la personne avait juste un peu peur de croiser des vaches à moins de 5 mètres dans un champ en montagne, quand elle était seule. C’était une crainte rationnelle, précise et elle pouvait vivre avec cet inconfort. Et 4 ans plus tard, cette personne n’ose plus aller en montagne du tout, par peur de voir des vaches. Même si elles sont dans un enclos fermé, la personne panique. Plutôt que d’apprivoiser sa peur et de se confronter, en toute sécurité, elle a évité de plus en plus de situations, ce qui a conforté son cerveau dans la conviction que montagne = danger, au point de ne plus aller en montagne entre mai et octobre.

🎯 Heureusement, le cerveau est un organe éducable. En réintroduisant petit à petit, en toute sécurité, des moments de confrontation douce, la peur immense peut redevenir une crainte modérée et apprivoisée. Ce processus doit être accompagné et réalisé de manière graduelle. En cas de passage en force « Bon maintenant ça suffit, j’y vais ! », notre cerveau va se mettre en mode survie et aucun apprentissage ne pourra se faire. 

🙏 C’est pour ça que je répète chaque semaine au moins une fois : 

Même si c’est difficile, osons nous frotter à notre angoisse plutôt qu’inconsciemment, donner l’autorisation à notre cerveau de la faire grandir.